Il y a plus de 35 ans dans le club de judo ou je m’entrainais, le mercredi je donnais le cours des gosses. Un jour un type est venu me proposer un Katana et un petit Wakisashi qu’il avait récupérer suite à un héritage. Le gars croyait que c’était un de ces truc que pleins de mecs achètent pour mettre au dessus de la cheminée mais m’intéressant depuis un moment aux sabres japonais j’ai tout de suite vu qu’il s’agissait d’un authentique Katana. Je lui ai acheté pour rien avec en prime un petit Wakisashi. En 1990 je participais à un stage de kendo Iaïdo à Zaragoza avec les plus hauts gradés japonais et j’en ai profité pour emmener mon Katana. Je n’arrivais pas à avoir la traduction des kanjis sur la soie et la tsuba malgré des contacts au Japon. Le maitre Teruhiko Kurasawa a pu me donner toutes les infos car c’était des kanjis anciens non utilisés actuellement, province et nom du forgeron de ce Katana du XVIII siècle. La ligne de trempe (Yakiba) donne aussi des indications.
Ce petit Wakisashi dépareillé n’avait pas de grande valeur car si vous observez bien la lame on voit qu’il a été mal forgé ce qui n’enlève rien alors à la qualité de l’acier 100% tamahagane. Au lieu de se morfondre sur une étagère j’ai décidé de lui offrir une seconde vie et d’en faire un CC.


On voit la gravure du forgeron sur la soie et je veux la garder.

Début de la modification de la lame, le seau c’est pour récupérer l’eau car je coupe avec une pulvérisation continue pour ne pas chauffer la lame.

Je fais fondre des linotypes dont je me sers pour recharger des munitions. Idéal car c’est plus dur que le plomb pour fabriquer des balles (plomb, antimoine et étain). Maintenant c’est plus dur à trouver car avec l’informatique les caractères d’imprimerie se sont faits rares.

Trou bouché que je percerais à la fin pour le pivot. Comme je veux garder la signature et que je veux également affuter le crochet pour me raser les poils des oreilles les proportions sont différentes. Du nez à la fin du crochet mon Fila 14 mesure 15,3cm et là je suis à 17,4Cm.
Avant de continuer j’ai eu un doute. Est-ce que je dois faire évider la lame ou est-ce que je garde la forme de la lame qui est Shishi Ari avec un dos Hira Mune. Comme j’aimerais bien garder la forme de la lame à ce stade je la passe sur la coticule. Je constate qu’avec cette forme arrondie c’est plus facile qu’un wedge et vois après quelques allez et retours que je me rase les poils de la cuisse sans problème donc je garde la lame Shishi Ari > Wedge. J’affilerais une fois fini.


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J’ai trouvé une branche d’abricotier qui s’adapte à la forme des chasses que je veux faire. J’avais déjà fabriqué la forme que je voulais car j’ai un copain Israelien qui va cet été en Israel et qui m’avait proposé de me faire fabriquer gratuitement de chasses en pierre D’Eilat mais en attendant je vais sur l’abricotier.

Un petit bain dans de l’huile de lin.

Et voilà le résultat. J’ai ciré plus tard les chasses mais pour ces photos elles ne brillent pas trop. J’ai guilloché un peu le dos pour lui faire perdre un peu de poids et travaillé la soie et le crochet car 17,4cm c’est très long. Ça je sais que ça ne va pas plaire mais bon !! je me suis amusé.


Là on voit bien la forme Shishi Ari de la lame.

Et là le crochet affuté (pas encore affilé) pour me raser les poils du nez et ses oreilles. Vous verrez ça vous viendra aussi, les poils que vous perdez sur le crane germent et poussent ensuite dans les oreilles.

Là je ne résiste pas à vous mettre la photo du CC du Samouraï avec son Katana

Et la pour les amateurs une partie de la lame du Katana ou on voit la ligne de trempe Ça ne brille pas autant qu’au cinéma mais cette lame a du vécu et je n’ai pas de matériel photographique performant.

Et la tsuba qui n’est pas une tsuba pour parader mais pour combattre.