.... ou la narration approximative de ma rencontre avec de la corne. Vous noterez qu'entre gentlemen à chaque fois que je maudis esspic je ne le fais que pour la rime et avec les doigts croisés (comme il se doit)
Voilà, depuis plusieurs mois, je vois monsieur esspic aligner les topics où il nous montre ses plus belles réalisations... Généralement, cela entraine des effets curieux : je commence par le maudire, puis par faire le tour du quartier en courant puis par débiter un bon stère de bois et enfin par lacher un tout à fait hypocrite "ouais, pas trop mal" sur le forum...
Mais depuis quelques temps j'ai trouvé plein de bonnes raisons de le maudire _vraiment_, ce qui est à l'origine de ce message... En effet, vous noterez qu'outre des CC propres à faire venir les larmes aux yeux des plus borgnes, ses messages sont agrémentés de falacieuses remarques du genre "ce n'est pas si dur", et autres "d'ailleurs maintenant je fais les chasses dans le noir et avec des moufles"... Là, on peut le maudire une fois de plus...(faut pas perdre le rythme)
Bref un jour de faiblesse, je me suis pris à le croire et à vouloir essayer... Je commandais le matériel nécessaire et me voilà à attendre avec une certaine appréhension (principalement sise au niveau du fondement). Maudit esspic, maudit, maudit...
Voilà donc qu'un beau jour d'hiver ma boîte aux lettres se met à exhaler des fumets redoutables... Oui la corne ça sent mauvais... mais encore dans l'innocence des débuts je prends cela avec bonne humeur, j'ouvre avec fébrilité le paquet et voilà...

A ce stade, ce n'est plus de l'appréhension c'est autre chose.... La malédiction, que je lance, couvre dorénavant plusieurs générations. Vous connaissez maintenant la différence entre plaque et plaquette :-)
Bon, alors à ce stade je décide de commencer à poncer... Il y a un truc marrant dans la corne; la force de l'odeur n'a pas l'air proportionnelle à la surface poncée, elle serait plutôt exponentielle.... Un peu comme ce qui est de la malédiction...
Je décide ensuite de couper ce "truc" en bande et je m'aperçois qu'il faut les aplanir... Après une passionnante lecture sur l'histoire des
aplatisseurs d'Oyonnax, je me résous à chauffer le tout... Hop, dans la cocotte, à l'eau chaude.... Curieusement, à ce stade la cuisson peut encore révéler des fragrances insoupçonnées... Je décide cependant de ne pas maudire plus esspic (après ce que vient de lui passer ma femme, tu m'étonnes!).

Bêtement, je ne me suis pas équipé d'une "presse à aplanir", je fais donc au mieux avec mon enclume (truc: certains sur internet recommandent les vieilles presses de relieur en graissant les cornes).... Et en théorie faut attendre encore 15 jours, voire faire plusieurs bains (mais ma femme m'a interdit l'accès de la cuisine)...

Après il faut découper, et là reconnaissons le fait qu'esspic nous avait prévenu qu'il y avait des risques de voir le matériel s'écailler... Qui lui ferait encore confiance, me direz-vous? Bah, en fait, ce coup-ci il fallait... :-(
Bref après bien des essais j'en suis rendu là.... Je ne maitrise pas encore bien le ponçage et la forme de la chasse n'est
pas parfaite (l'originale avait cette longueur mais était un peu plus bombée). J'ai aussi des rayures (trop) profondes sur le pivot du haut que je n'arrive pas à reprendre et sur la partie basse je pense que je suis un peu près du cartilage.

Bon, pour ce qui est de la corne, et sans maudire esspic (parce qu'on redevient sérieux), si on part de plaquettes, j'aurais tendance à trouver cela pas trop désagréable... Cela se travaille assez facilement et le poncage est surement presque plus facile que sur certains bois...
Voilà.
PS: J'aime bien monsieur esspic en fait. :-)
PS2: Mais maintenant ça va être compliqué de lui envoyer un CC pour restauration! Le maudit c'est moi! :-)