Alors, je confirme qu'il s'agit d'Azobé.
C'est un bois que l'on trouve facilement dans le bassin du Congo, qui est de teinte brune (et pas rouge ou alors les photos sont ternes et auquel cas il aurait pu s'agir de Padouck).
De densité 1,6 (de mémoire) effectivement, ça coule.
Son utilisation à l'origine était d'en faire des traverses de chemins de fer ou des pilotis pour pontons en milieu marin. Ensuite on a utilisé du chêne créosoté pour ces utilisations (le créosote, c'est pas bon !)
En effet, l'azobé des rares bois naturellement de classe 5, les autres bois doivent être traités pour atteindre ce niveau de résistance aux agressions externes.
L'huilage est inutile, il est naturellement très gras... à moins que ce soit pour la finition, mais je doute de la pénétration (en profondeur) de celle-ci. En tous cas, si c'est pour le protéger, laisse tomber, ses tanins sont naturellement plus puissants que tes mélanges d'huile.
Le seul soucis de ce type de bois pour l'utilisation en tournage et pour des petits objets comme un manche de blaireau, c'est que proportionnellement à l'objet, le bois a de larges vaisseaux. C'est là toute la différence avec les Bubinga (légèrement rosé), les palissandres (souvent appelés à tort bois de rose puisqu'en anglais Rosewood), les ébènes (Macassar par exemple) et plus localement les Buis, Bruyère, etc...
Pour le Wengé, je confirme : teinte brune foncée avec veinage fin couleur crème (à ne pas confondre avec le Zebrano dont la part brun/crème est proche du 50/50)
Si vous avez des questions sur le bois, n'hésitez pas à me les poser, je suis bien placé pour avoir la réponse ou pour vous la trouver auprès de spécialistes. J'ai une connaissance qui est capable de vous raconter une anecdote sur chaque essence connue ou presque. La dernière fois que je lui ai posé une question, c'était sur le bois de Santal. Mr.C m'a appris qu'il avait récemment travaillé une buche de bois de Santal provenant de Nouvelle Calédonie, offerte à Rocard en 81 (je crois) à l'époque où il s'y était rendu pour pacifier les Canaques. Il semblerait que ce soit une tradition là-bas d'offrir une bûche de Santal... Rocard, n'en sachant que faire s'est retourné pour la donner au premier venu de sa délégation, qui était pompier sur Nantes et avait un beau-frère ébéniste, lui-même très bon ami de ma connaissance... Bref ce type a des histoires de dingues à raconter. Donc si j'en apprends plus sur certains bois grâce à vos questions, je vous en ferai part volontiers !